Une papote avec Véronique Gallo

Entre deux rendez-vous, Véronique Gallo m’a fait le plaisir de discuter de son nouveau roman tout juste sorti, de son confinement, de ses projets, … Merci, Véro, pour ta gentillesse et ta disponibilité !

  • Quelle est la genèse de ce nouveau roman ? Qu’as-tu mis de toi dans le personnage de Marie ?

« Beaucoup de choses. Comme pour tout mon travail, ce personnage est basé sur mes émotions. J’ai été à une époque de ma vie, comme elle, proche du burn out parental, à une époque où l’on en parlait très peu, tout comme de la charge mentale qui incombe aux mamans, très souvent. J’ai perdu mon père quand j’avais 27 ans et je voulais explorer la question que l’on se pose tous : « qui étaient vraiment nos parents ? ». On les considère comme des parents plutôt que comme des personnes, des hommes et des femmes avec une histoire, des secrets. Je voulais parler du chemin pour remonter vers la lumière après un deuil. J’ai écrit ce roman en 2014, avant « Vie de mère », mais il est resté dans mes tiroirs jusqu’au bon moment pour le publier. Je voulais attendre le moment où ça ferait sens de le sortir. J’ai eu la chance que Delphine de Vigan m’aide à le faire publier, c’est elle qui l’a transmis à Héloïse d’Ormesson et j’ai ai rencontré des femmes formidables, qui ont fait avec moi un travail de fourmi, et de questionnement, d’accompagnement et de relecture, pour que chaque mot de ce livre soit vraiment ce que j’ai voulu dire. Après avoir fait rire avec « Vie de mère », j’ai trouvé que c’était le bon moment pour passer tout doucement à autre chose et clôturer cette aventure-là. ».

  • Pourquoi arrêter « Vie de mère », justement ?

Même si j’ai adoré ce personnage de maman qui cherche son souffle, et que j’avais beaucoup de choses à raconter, j’avais envie de clôturer ce chapitre autour de la maternité, pour me recentrer sur la femme en général. Mon nouveau projet de série, « Femme de vie », prend en quelque sorte le relais de « Vie de mère ». Le sujet est : comment se construit-on en tant que femme ? Que faire de l’héritage familial qu’on reçoit de nos mères, de nos grand-mères ? Comment prendre notre place ? Et, surtout, comment faire taire ces petites voix intérieures qui nous jugent en permanence et nous culpabilisent ? Je m’éclate à créer ces nouvelles capsules, ce nouveau rendez-vous tous les dimanches soirs, où je suis en extérieur, connectée avec la nature ! Le personnage doit, à partir d’un proverbe ou d’une petite phrase à méditer, se retrouver en communion avec la nature, un défi que lui a donné sa meilleure amie. Et ce n’est pas une fille habituée à être dehors, il lui arrive toutes sortes d’aventures et c’est très burlesque ! Je suis vraiment malmenée par ce tournage en extérieur, physiquement, et ça rejoint le principe d’accepter son corps comme il est, un sujet que je voulais aborder aussi. Ce nouveau projet débouchera sur un spectacle dans les mois qui viennent, dans lequel le personnage explorera ses racines, et comment déposer le sac qu’on lui a mis sur le dos …

  • Comment écris-tu ? Comment naît un roman, ou un spectacle, ou une pièce de théâtre ?

Pour moi c’est le même processus de création, quel que soit le média. J’ai d’abord une idée, à laquelle je laisse un temps de gestation, presque comme une grossesse. Des images, des mots, des dialogues me viennent. Puis vient le temps « d’accoucher », je vois sous quelle forme cela sort … Certains sujets se prêtent mieux au roman, d’autres au théâtre … L’important pour moi c’est la musicalité de la phrase.

  • Quels sont tes projets ?

Il y a d’abord ce roman qui sort le 1er octobre …. J’espère qu’il touchera les gens, je le porte en moi depuis longtemps … J’ai ensuite mes nouvelles capsules de « Femme de vie », et ça m’excite beaucoup ! J’ai également écrit un seul-en-scène dans lequel mon compagnon, Philippe Jeusette, jouera le rôle de mon père… Et je travaille sur mon prochain spectacle, qui sera adapté de « femme de vie », comme « The one mother show » était adapté de « Vie de mère ».

  • Comment as-tu vécu le confinement ?

Très bien ! J’ai apprécié de ne plus devoir courir le matin, avec les enfants … et j’ai beaucoup travaillé 😉 J’ai fait toutes les capsules de « Vie de mère en confinement », je n’ai pas arrêté 😉 Ce qu’il se passe en ce moment avec la crise sanitaire et la culture me révolte : de tous temps, c’est la culture qui est passée à la trappe et pourtant elle est tellement nécessaire ! Et je ne comprends pas pourquoi on entasse des gens 5H d’affilée dans un avion mais on ne permet pas de venir masqué au théâtre … ça n’a pas de sens …

  • Pour terminer, que lis-tu, en cette rentrée littéraire ?

« Fille » de Camille Laurens, dont j’aime beaucoup l’écriture. « Yoga », d’Emmanuel Carrère, qui est un auteur que je vénère. J’ai acheté « Betty » aussi, de Tiffany Mc Daniel, sur les conseils de ma libraire. Et je me réjouis de lire bientôt le nouveau Véronique Olmi 😉 »

Dans toutes les bonnes librairie depuis le 01 octobre !

Une papote avec Sophie Lemp

Sophie Lemp, dont j’ai adoré « Les miroirs de Suzanne » chroniqué ci-dessous, a eu la gentillesse de prendre un peu de temps pour répondre à mes questions. Il n’y a pas que Houllebecq et Virginie Grimaldi dans la vie, il y a aussi des auteurs moins connus, qui, comme Sophie, écrivent des romans superbes et touchants. Prenez le temps, sur la table du libraire, de parcourir quelques lignes des « Miroirs de Suzanne » … vous ne serez pas déçus. Merci à Sophie Lemp pour ses jolies réponses (à cause d‘ grâce à elle il y a un autre titre dans ma PAL – son conseil de lecture).

Lire la suite de « Une papote avec Sophie Lemp »

Comment lisez-vous, Véronique Gallo ?

 
 
Il y a parfois dans la vie des petites magies, des rencontres importantes. Ma rencontre avec Véronique Gallo, comédienne, humoriste et écrivain belge, fait partie de ces jolis cadeaux qui arrivent parfois … 
Il y a déjà presque deux ans qu’elle me fait l’honneur d’être mon amie, et elle m’a énormément aidée dans ma « vie de mère » à moi, pas toujours évidente …
 
Je ne peux que vous conseiller ses vidéos sur sa chaîne Youtube, ou à voir sur Téva si vous êtes français (quelle chance vous avez ! pas d’être français, mais de voir ses vidéos ;-), et son dernier spectacle, « The one mother show », qui connaît un extraordinaire succès, plus que mérité.
 
Véro est très drôle, très juste, adorable dans la vie, et si vous ne la connaissez pas encore, que vous soyez maman ou non, foncez la découvrir !
 
Elle a répondu à mon questionnaire sur ses habitudes de lecture, merci à toi, Véro ! Et bisous !
– Ton livre d’enfance ?  
Y en a plusieurs ! Mais j’ai appris à lire avec « Oui-Oui » et « Martine » avant de dévorer tous les livres de la Comtesse de Ségur et puis toute la bibliothèque verte et rose ! Avec de grands émois devant « Florence infirmière » ,-)
– Celui que tu relis de temps en temps ? 
J’ai relu le Bon Gros Géant de Roald Dahl dernièrement… Que du bonheur…  
– Ta dernière déception ? 
Il y en a eu plusieurs des livres que je me réjouissais d’ouvrir mais dans lesquels je ne me suis pas retrouvée… Mais pas besoin d’en parler, car maintenant quand je n’accroche pas avec l’écriture, j’arrête et je passe à autre chose. 
– Ton dernier coup de coeur? 
Virginie Despentes avec Vernon Subutex. Et je viens de commencer Bakhita de Véronique Olmi dont j’adore l’écriture…  
– Papier ou liseuse ? 
Papier toujours papier mais je songe à la liseuse. 
– Un genre littéraire favori ? détesté ? 
je déteste la chicklit et tous les romans qui racontent des histoires sans qu’il n’y ait une véritable écriture littéraire. Pas de genre favori mais il faut une musicalité et que ça provoque des émotions mais je lis aussi beaucoup de théâtre classique : lire et relire Racine, par exemple, me procure encore et toujours beaucoup d’émotions.  
 – Le meilleur endroit pour lire ? 
dans mon bain ou dans mon lit !  
– A boire, à manger en lisant ? 
Du thé…  
– Un seul ou plusieurs à la fois ? 
Un livre dans chaque pièce… J’avoue… 
– Un auteur fétiche ? 
Entre autres : Delphine de Vigan, Véronique Olmi, Yasmina Reza. 
– Bibliothèque ou librairie ? 
Librairie ! Je ne peux pas rendre les livres que j’ai aimés !  
– Une petite manie en lisant ? 
non, aucune si ce n’est celle d’avoir envie d’être happée par la lecture. 
– Marque page ou page cornée ? 
Page cornée ! J’aime l’objet et j’aime le triturer !  
– Combien de livres par mois ? 
Avant j’en lisais au moins 4 mais maintenant c’est devenu plutôt 1 voire 1 tous les deux mois. Je me rattrape souvent en vacances.  
– Un conseil de lecture ? 
« Un homme » d’Oriana Fallaci. Le plus beau livre jamais écrit sur la révolution, la torture, l’amour et la passion.
En bonus, une de mes vidéos préférées, bien de saison,  qui me fait hurler de rire !

Comment lisez-vous, Camille Anseaume ?

Camille Anseaume, je l’ai découverte avec « Un tout petit rien », un coup de coeur, et « Ta façon d’être au monde », deux romans magnifiques et très sensibles, qui m’ont énormément touchée.
Comme ma devise pour ce blog est « qui ne tente rien n’a rien », j’ai proposé à Camille de répondre à mon « Comment lisez-vous », ce qu’elle a accepté de faire avec plaisir.
Quand j’ai reçu ses réponses, j’ai cru que c’était un nouveau roman : Camille Anseaume ne répond pas en une ligne à une question, elle raconte des anecdotes et des détails avec un humour et une écriture qui me ravit (en plus de me rendre jalouse de son talent !).
Impossible de ne pas foncer lire ses romans après avoir lu ses réponses !
Encore merci Camille pour votre gentillesse et bonne route à vous ….




* Votre livre d’enfance ?

Les malheurs de Sophie de la Comtesse de Ségur. Avec Manouche, mon amie d’enfance, on avait créé le Club des petites filles modèles. Succès modeste, avec deux adhérentes (elle et moi). Mais ambitions très nobles, comme inciter les adultes à arrêter de fumer, et les enfants à se prêter leurs pogs.

*  Celui que vous relisez de temps en temps ?

Je déteste relire des livres autant que revoir des films. Je ne le fais jamais, à deux exceptions : Titanic (deux fois) et « J’étais derrière toi » de Nicolas Fargues, parce qu’il m’avait vraiment chamboulée il y a une petite dizaine d’années (le roman, pas Nicolas Fargues) (quoique, il est très chamboulant aussi). L’été dernier, en vacances chez des amis je suis retombée dessus (sur le roman, pas sur Nicolas Fargues) et j’ai voulu voir si j’étais touchée par les mêmes choses qu’avant. Réponse: oui. (« On ne change pas, on met juste les costumes d’autres sur soi »)

* Votre dernière déception ?

Lolita, de Nabokov (dit-elle en toute simplicité) Ca faisait longtemps que je voulais le lire, mais je n’ai pas pu. Déjà la quatrième de couv’ m’avait mise mal à l’aise. « Lo-li-ta : le bout de la langue fait trois petits bonds le long du palais (…) Elle était Lo le matin, Lo tout court, un mètre quarante-huit en chaussettes, debout sur un seul pied. (…) » C’est beaucoup trop beau, trop fin, pour un sujet beaucoup trop dérangeant. Ca fait partie des tabous que je n’arrive pas à transgresser. Je n’ai pas été déçue du livre, en fait, j’ai été déçue de ne pas pouvoir le lire. Donc pour répondre à votre question, ma dernière déception, c’est moi.

* Votre dernier coup de coeur ?

« Jungle », de Monica Sabolo, que je suis en train de lire. Je suis ensorcelée par sa façon de mêler les registres du beau, du tendre, du cruel, du drôle. Je ris quasiment à chaque page (sauf aux premières, qui sont terribles), c’est tellement rare de rire en lisant. Et je viens de finir « Les gens dans l’enveloppe » d’Isabelle Monnin : dans la première partie, il y a des fulgurances dingues absolument partout, chaque phrase est une merveille.

* Papier ou liseuse ?

Je n’ai jamais lu un livre sur un écran. Sauf les miens. Que je suis par ailleurs incapable de lire sur papier. Il faudrait peut être que j’en parle à mon psy. Ah bah non, je n’en ai pas.

* Un genre littéraire favori ? détesté ?

90% des livres que je lis sont écrits par des auteurs français contemporains, et dans 70% des cas, des femmes. (Ca fait beaucoup de chiffres, pardon). Ce n’est pas par choix, plutôt par réflexe, c’est ce vers quoi je vais spontanément, mais je voudrais changer ça. En revanche, je sais que la science fiction, c’est perdu d’avance.

* Le meilleur endroit pour lire ? 

Mon lit. (Je suis une punk)

* A boire, à manger en lisant ? 

Non, j’en profite, c’est un des seuls moments où je ne bois/mange/fume pas.

* Un seul ou plusieurs à la fois ? 

Un seul, sinon j’ai l’impression d’être infidèle, ça me met mal à l’aise et j’ai peur d’attraper des MST.

* Un auteur fétiche ? 

Jean-Louis Fournier, qui m’a donné envie d’écrire.

* Bibliothèque ou librairie ? 

Bibliothèque, puis quand je tombe sur un livre que j’aime, je vais l’acheter et je prends aussi tous les autres du même auteur.

* Une petite manie en lisant ? 

Je corne les pages chaque fois que j’aime un passage, sur certains bouquins, ça pose un peu problème.

* Marque page ou page cornée ? 

Marque page, du coup, parce que les pages cornées, c’est pour les plus jolis passages.

* Combien de livres par mois ? 

Le problème étant que j’ai découvert les séries un peu sur le retard et que j’ai 34 ans à rattraper, en ce moment, je dirais 4-5 livres. (Et 742 épisodes) (il faut absolument regarder The Affair, Bloodline, Rectify, et The Handmaid’s Tale)

* Un conseil de lecture ? 

Le prochain livre de mon amie Maud, quand elle se décidera enfin à écrire.

 

 

 

Comment lisez-vous, Frank Andriat ?

 

Deuxième rendez-vous de mon « Comment lisez-vous ? » avec Frank Andriat, dont j’ai beaucoup aimé « Le bonheur est une valise légère » et surtout « Jolie libraire dans la lumière » (une pépite de poésie), qui a gentiment répondu à mes questions sur ses habitudes de lecteur et autres petites manies …

* Votre livre d’enfance ?

Croc-Blanc de Jack London.

* Celui que vous relisez de temps en temps ?

Cent ans de solitude de Gabriel Garcia-Marquez. Les romans de Christian Bobin, aussi.

* Votre dernière déception ?

S’il s’agit de déception littéraire, je n’en ai pas réellement. Certains auteurs trop centrés sur
leur nombril m’irritent, mais je garde leur nom pour moi pour éviter de les blesser inutilement.

* Votre dernier coup de cœur ?

Patricia de Geneviève Damas. J’ai une section Coups de cœur sur mon site. Quand j’aime, je
partage.

* Papier ou liseuse ?

100% papier.

* Un genre littéraire favori ? détesté ?

J’aime les textes qui savourent l’humain et qui lui rendent hommage. Je n’aime pas les livres
qui diffusent des idées où l’amour de l’autre n’a pas sa place, mais il y a du bon et du mauvais
dans tous les genres.

* Le meilleur endroit pour lire ?

Le train. Et comme je voyage beaucoup, c’est le pied.

* À boire, à manger en lisant ?

Quand je lis, je lis… J’avoue parfois me laisser distraire par un morceau de chocolat.

* Un seul ou plusieurs à la fois ?

Un seul.

* Un auteur fétiche ?

Christian Bobin.

* Bibliothèque ou librairie ?

Oserais-je avouer à une bibliothécaire que je suis plus librairie ?

* Une petite manie en lisant ?

Renifler le livre avant de le commencer.

* Marque-page ou page cornée ?

Marque-page ! Je déteste les pages cornées.

* Combien de livres par mois ?

Cela dépend de mes activités et de la longueur des livres… Entre cinq et huit.

* Un conseil de lecture ?

Les auteurs qui figurent dans les coups de cœur sur mon site.

Merci à Frank Andriat pour ses réponses 😉

Comment lisez-vous, Sophie Lemp ?

Nouvelle rentrée, nouvelle rubrique sur le blog 😉

J’ai eu envie d’interroger des auteurs, des blogueurs, bref, des lecteurs sur leurs habitudes de lecture, en un petit questionnaire intitulé le « Comment lisez-vous ? ».

Une rubrique qui reviendra au gré des réponses que je recevrai … (amis blogueurs, contactez-moi si vous voulez y figurer !).

On commence fort cette semaine avec Sophie Lemp, auteur du « Fil » et de « Leur séparation », qui a accepté de me confier ses petites manies et souvenirs de lectrice …

 

 

Votre livre d’enfance ?
Le Petit Nicolas, de René Goscinny et Jean-Jacques Sempé

Celui que vous relisez de temps en temps ?

Les Années, d’Annie Ernaux

Votre dernière déception ?

Chanson douce, de Leïla Slimani

 

Votre dernier coup de coeur ?

Vernon Subutex, de Virginie Despentes

Papier ou liseuse ?

Papier!

Un genre littéraire favori ? détesté ?

Ni favori ni détesté.

Le meilleur endroit pour lire ?

Mon lit. Ou un hamac, l’été, sous un arbre.

A boire, à manger en lisant ?

Du thé brûlant.

Un seul ou plusieurs à la fois ?

Un seul. 

Un auteur fétiche ?

Annie Ernaux

Bibliothèque ou librairie ?

Les deux

Une petite manie en lisant ?

Quand un livre me touche particulièrement, j’en retranscris quelques phrases dans un carnet.

Marque page ou page cornée ?

Marque page.

Combien de livres par mois ?

Très variable, ma fatigue du soir déterminant le nombre de pages lues !

Un conseil de lecture ?

Le livre que je ne voulais pas écrire, d’Erwan Larher. Lu en deux jours, il m’a bouleversée. Bien plus qu’un témoignage, c’est un livre sur la vie, sur l’écriture, sur l’amour aussi. Et si drôle parfois malgré la gravité du sujet. Un livre nécessaire.

Retrouvez la jolie plume de Sophie Lemp dans son magnifique récit « Leur séparation », paru ce 07 septembre, chez Allary Éditions !

"Le bonheur est une valise légère", de Frank Andriat : chronique et interview ;-)

La quatrième :

Souvent, il suffirait d’un signe pour que nous trouvions notre chemin : un regard, une main tendue, un sourire. Selma a réussi dans la vie mais elle n’est pas heureuse. Placer le faire avant l’être l’a perdue.

Un jour, elle rencontre un homme paisible dans un train, quelqu’un qui lit Christian Bobin et qui, comme elle, adore Jean-Jacques Goldman. Au fil du temps, il lui apprend que le bonheur est une valise légère et que la vie qu’on accueille apporte plus de joie que celle qu’on maîtrise.

Après avoir eu un énorme coup de cœur, il y a quelques mois, pour « Jolie libraire dans la lumière », je suis tombée, le jour de sa sortie, sur le nouveau roman de Frank Andriat. Curieuse, j’ai lu la quatrième de couverture et j’ai été charmée, même si je dois avouer pour être honnête que la mention de Jean-Jacques Goldman a eu son importance dans mon achat (je l’aime depuis que j’ai … 8 ans ?).

Rentrée chez moi, j’ai entamé ma lecture … et je l’ai lu d’une traite (ou quasi. En vrai, il y a eu une interruption obligée de gestion d’enfants). Au départ, j’ai eu un peu peur d’être tombée sur un énième roman de développement personnel (le livre est édité chez Marabout, mais se trouve bien dans la rentrée littéraire en librairie !), et je n’avais pas du tout accroché avec « Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une », le best-seller du genre.

A la deuxième partie du livre (après Pression vient Dépression – mais ne fuyez pas !), j’étais ferrée.
J’ai suivi Selma dans sa chute, bougonné contre son imbécile de patron, eu envie d’avoir Lauranne comme copine, et craqué sur le documentaliste aux boucles folles (ben oui).

Grégoire, l’homme paisible qui aidera Selma à sortir la tête de l’eau m’a troublée. J’étais partagé entre la sympathie et le réconfort que dégageait le personnage, et l’idée qu’il était trop sage pour être vrai (oui, je me suis même posé des questions sur sa réalité). Appréciant les conseils justes et doux qu’il prodigue à Selma, je l’ai trouvé tout de même un poil trop lisse …

Si j’ai tant apprécié ce roman, c’est que je m’y suis un peu retrouvée. J’ai été entourée de quelques personnes qui ont su m’écouter réellement quand j’en ai eu besoin, et me donner une foule de conseils qui m’ont beaucoup aidé, qui, à la manière de Grégoire m’ont « montré le chemin, et donné un bâton de marche ».

Selma s’aide des chansons de Jean-Jacques Goldman et Frank Andriat parsème son roman de quelques paroles de chansons, qui ont plus été pour moi un joli clin d’oeil qu’un réel apport à l’histoire. Mais, qui n’a pas déjà pleuré sur « Puisque tu pars » ? … J’étais forcément touchée.

Ce roman se lit vite, se dévore, que dis-je, et la plume de Frank Andriat nous amène tout en douceur à réfléchir à la vie de fous que l’on mène, au boulot qui nous presse comme des citrons, au peu de temps que nous consacrons à juste rêver, regarder en l’air et apprécier la beauté du monde. Combien de personnes, la nuque baissée sur leur smartphone, loupent un vol d’oiseaux ou un coucher de soleil par la vitre du train ? A traiter leurs mails jusque 22 H au lieu de déconnecter, et de savourer l’instant présent ? C’est de cela dont il est question dans ce roman : du burn out qui nous guette, à vouloir en faire plus, toujours plus, et même trop … De la beauté de la vie, des plaisirs simples et de l’importance d’être en accord avec soi-même, de se respecter, pour vivre heureux et apaisé …

Une très très jolie lecture, merveilleusement écrite, que je vous recommande chaleureusement !

 

 

En bonus, Frank Andriat m’a fait l’honneur de bien vouloir répondre 
à une mini interview, à lire ci-dessous ! 



* Quel a été le point de départ pour l’écriture de ce roman ?

C’est une belle histoire de collaboration et de confiance entre auteur et éditeur. Agnès,
l’éditrice de « Jolie libraire dans la lumière » en 2012, a continué de suivre mon travail quand elle est passée chez Marabout. Cela a donné naissance à « Clés pour la paix intérieure » en 2014 et à ce nouveau roman, réalisé cette fois avec une de ses collègues, Aline, qui désirait que j’écrive un texte psychologique.

* Il paraît chez Marabout, en collection « Essai psychologie »… Était-ce une volonté d’écrire un
roman à tendance « développement personnel », un genre qui se répand aujourd’hui ?

— Oui, c’était le projet de mon éditrice, Aline. Et j’ai trouvé beaucoup de plaisir à écrire un roman centré sur le développement intérieur de mon héroïne. Ceci dit, si Marabout s’est adressé à moi pour écrire ce livre, c’est parce qu’il n’est en rien éloigné de mes autres textes : « La forêt plénitude » raconte l’histoire d’une ado qui s’ouvre à sa vie intérieure, « Pont désert », celle d’un homme qui dresse le bilan d’une existence perdue à chercher à l’extérieur le bonheur qu’il a au fond de lui, « Jolie libraire dans la lumière », celle d’une jeune femme qui se reconstruit grâce à son amour pour les livres. J’ai vraiment eu beaucoup de plaisir à inventer le parcours de Selma et sa
rencontre avec Grégoire.


* Ne trouvez-vous pas Grégoire TROP sage pour être crédible ? 😉 

— Grégoire est devenu sage. Il le dit dans le livre, il a connu des difficultés dont, effectivement, je ne parle pas. C’est l’histoire de Selma, pas la sienne. Alors, promis, pour qu’il devienne réellement crédible, pas trop parfait, j’écrirai un roman où je décris son parcours, sa galère. J’aime bien ce personnage qui donne de l’espoir et qui apporte de l’apaisement à Selma complètement déboussolée.


* Pourquoi Jean-Jacques Goldman ? Lui avez-vous envoyé votre livre ?

— Jean-Jacques Goldman est un chanteur que j’apprécie énormément. Son ouverture à l’autre, à la différence et son sens du partage me touchent beaucoup. Mes élèves de l’athénée Fernand Blum de Schaerbeek et moi avons écrit un livre à son propos en 1992. J’ai eu quelques échanges épistolaires avec lui. Je ne possède pas sa nouvelle adresse, il vit à Londres désormais, mais si je trouve un moyen de lui faire parvenir le roman, je le ferai.

* Quel est votre secret personnel pour rendre votre valise plus légère, au quotidien ?

— Les clés de Grégoire pour ouvrir la porte du bonheur sont un peu les miennes, mais je vous avoue que, parfois, la porte reste coincée. Vivre dans la pleine conscience du moment présent, être ici et maintenant, donner plutôt que de vouloir prendre, accueillir la vie comme elle vient et rendre grâce pour toutes les petites joies. Comme votre intérêt pour mon livre, par exemple.

Retrouvez Frank Andriat sur son site !

– « Le bonheur est une valise légère », Frank Andriat, Marabout, 2017

« Le bonheur est une valise légère », de Frank Andriat : chronique et interview ;-)

La quatrième :

Souvent, il suffirait d’un signe pour que nous trouvions notre chemin : un regard, une main tendue, un sourire. Selma a réussi dans la vie mais elle n’est pas heureuse. Placer le faire avant l’être l’a perdue.

Un jour, elle rencontre un homme paisible dans un train, quelqu’un qui lit Christian Bobin et qui, comme elle, adore Jean-Jacques Goldman. Au fil du temps, il lui apprend que le bonheur est une valise légère et que la vie qu’on accueille apporte plus de joie que celle qu’on maîtrise.

Après avoir eu un énorme coup de cœur, il y a quelques mois, pour « Jolie libraire dans la lumière », je suis tombée, le jour de sa sortie, sur le nouveau roman de Frank Andriat. Curieuse, j’ai lu la quatrième de couverture et j’ai été charmée, même si je dois avouer pour être honnête que la mention de Jean-Jacques Goldman a eu son importance dans mon achat (je l’aime depuis que j’ai … 8 ans ?).

Rentrée chez moi, j’ai entamé ma lecture … et je l’ai lu d’une traite (ou quasi. En vrai, il y a eu une interruption obligée de gestion d’enfants). Au départ, j’ai eu un peu peur d’être tombée sur un énième roman de développement personnel (le livre est édité chez Marabout, mais se trouve bien dans la rentrée littéraire en librairie !), et je n’avais pas du tout accroché avec « Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une », le best-seller du genre.

A la deuxième partie du livre (après Pression vient Dépression – mais ne fuyez pas !), j’étais ferrée.
J’ai suivi Selma dans sa chute, bougonné contre son imbécile de patron, eu envie d’avoir Lauranne comme copine, et craqué sur le documentaliste aux boucles folles (ben oui).

Grégoire, l’homme paisible qui aidera Selma à sortir la tête de l’eau m’a troublée. J’étais partagé entre la sympathie et le réconfort que dégageait le personnage, et l’idée qu’il était trop sage pour être vrai (oui, je me suis même posé des questions sur sa réalité). Appréciant les conseils justes et doux qu’il prodigue à Selma, je l’ai trouvé tout de même un poil trop lisse …

Si j’ai tant apprécié ce roman, c’est que je m’y suis un peu retrouvée. J’ai été entourée de quelques personnes qui ont su m’écouter réellement quand j’en ai eu besoin, et me donner une foule de conseils qui m’ont beaucoup aidé, qui, à la manière de Grégoire m’ont « montré le chemin, et donné un bâton de marche ».

Selma s’aide des chansons de Jean-Jacques Goldman et Frank Andriat parsème son roman de quelques paroles de chansons, qui ont plus été pour moi un joli clin d’oeil qu’un réel apport à l’histoire. Mais, qui n’a pas déjà pleuré sur « Puisque tu pars » ? … J’étais forcément touchée.

Ce roman se lit vite, se dévore, que dis-je, et la plume de Frank Andriat nous amène tout en douceur à réfléchir à la vie de fous que l’on mène, au boulot qui nous presse comme des citrons, au peu de temps que nous consacrons à juste rêver, regarder en l’air et apprécier la beauté du monde. Combien de personnes, la nuque baissée sur leur smartphone, loupent un vol d’oiseaux ou un coucher de soleil par la vitre du train ? A traiter leurs mails jusque 22 H au lieu de déconnecter, et de savourer l’instant présent ? C’est de cela dont il est question dans ce roman : du burn out qui nous guette, à vouloir en faire plus, toujours plus, et même trop … De la beauté de la vie, des plaisirs simples et de l’importance d’être en accord avec soi-même, de se respecter, pour vivre heureux et apaisé …

Une très très jolie lecture, merveilleusement écrite, que je vous recommande chaleureusement !

 

 

En bonus, Frank Andriat m’a fait l’honneur de bien vouloir répondre 
à une mini interview, à lire ci-dessous ! 



* Quel a été le point de départ pour l’écriture de ce roman ?

C’est une belle histoire de collaboration et de confiance entre auteur et éditeur. Agnès,
l’éditrice de « Jolie libraire dans la lumière » en 2012, a continué de suivre mon travail quand elle est passée chez Marabout. Cela a donné naissance à « Clés pour la paix intérieure » en 2014 et à ce nouveau roman, réalisé cette fois avec une de ses collègues, Aline, qui désirait que j’écrive un texte psychologique.

* Il paraît chez Marabout, en collection « Essai psychologie »… Était-ce une volonté d’écrire un
roman à tendance « développement personnel », un genre qui se répand aujourd’hui ?

— Oui, c’était le projet de mon éditrice, Aline. Et j’ai trouvé beaucoup de plaisir à écrire un roman centré sur le développement intérieur de mon héroïne. Ceci dit, si Marabout s’est adressé à moi pour écrire ce livre, c’est parce qu’il n’est en rien éloigné de mes autres textes : « La forêt plénitude » raconte l’histoire d’une ado qui s’ouvre à sa vie intérieure, « Pont désert », celle d’un homme qui dresse le bilan d’une existence perdue à chercher à l’extérieur le bonheur qu’il a au fond de lui, « Jolie libraire dans la lumière », celle d’une jeune femme qui se reconstruit grâce à son amour pour les livres. J’ai vraiment eu beaucoup de plaisir à inventer le parcours de Selma et sa
rencontre avec Grégoire.


* Ne trouvez-vous pas Grégoire TROP sage pour être crédible ? 😉 

— Grégoire est devenu sage. Il le dit dans le livre, il a connu des difficultés dont, effectivement, je ne parle pas. C’est l’histoire de Selma, pas la sienne. Alors, promis, pour qu’il devienne réellement crédible, pas trop parfait, j’écrirai un roman où je décris son parcours, sa galère. J’aime bien ce personnage qui donne de l’espoir et qui apporte de l’apaisement à Selma complètement déboussolée.


* Pourquoi Jean-Jacques Goldman ? Lui avez-vous envoyé votre livre ?

— Jean-Jacques Goldman est un chanteur que j’apprécie énormément. Son ouverture à l’autre, à la différence et son sens du partage me touchent beaucoup. Mes élèves de l’athénée Fernand Blum de Schaerbeek et moi avons écrit un livre à son propos en 1992. J’ai eu quelques échanges épistolaires avec lui. Je ne possède pas sa nouvelle adresse, il vit à Londres désormais, mais si je trouve un moyen de lui faire parvenir le roman, je le ferai.

* Quel est votre secret personnel pour rendre votre valise plus légère, au quotidien ?

— Les clés de Grégoire pour ouvrir la porte du bonheur sont un peu les miennes, mais je vous avoue que, parfois, la porte reste coincée. Vivre dans la pleine conscience du moment présent, être ici et maintenant, donner plutôt que de vouloir prendre, accueillir la vie comme elle vient et rendre grâce pour toutes les petites joies. Comme votre intérêt pour mon livre, par exemple.

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– « Le bonheur est une valise légère », Frank Andriat, Marabout, 2017