La lectrice disparue, Sigríður Hagalín Björnsdótti

Avec un titre pareil, et cette jolie couverture attirante, nul doute que les amoureux des livres seront tentés par ce roman. Etrange roman, ovni qui croise plusieurs genres littéraires. Je ne sais pas par où commencer pour vous en parler.

La lectrice, c’est Edda, une jeune islandaise qui fugue un matin, abandonnant son mari et son nouveau-né. Son frère Einar, très proche d’elle depuis toujours, part alors à sa recherche. Le roman prend son temps avant de véritablement se concentrer sur cette « lectrice disparue », et nous conte d’abord l’histoire des deux mères d’Edda et d’Einar, Julia et Ragnheidur, qui se sont retrouvées enceintes du même homme et qui l’ont largué pour vivre ensemble une amitié qui durera toute leur vie.

L’enfance d’Edda est marquée par son hyperlexie, opposée à la dyslexie de son frère. Grande lectrice, elle retient tout texte qu’elle lit, et cela prend tellement de place dans son cerveau qu’il n’y a plus d’espace pour la vie quotidienne et les interactions sociales. Edda fait donc figure d’autiste …

Ce n’est qu’une histoire, dit-il. Rien ne prouve que tout ça soit vraiment arrivé.
Sa soeur le regarde, les yeux infiniment tristes.
Peu importe que ce soit arrivé ou pas. Ces choses ont été pensées, cette histoire a été écrite, je l’ai lue et désormais, elle existe à tout jamais. Je pourrai toujours la retrouver et la redire, me blesser avec elle et blesser les autres en la racontant. Nul ne peut effacer une histoire lorsqu’elle a été dite.

Le roman se concentre ensuite sur la quête d’Eina pour la retrouver : quête qui fait figure de véritable jeu de piste, semé de rencontres étranges avec des gens bizarres, d’énigmes, mais qui m’a laissée de côté. J’ai adoré l’histoire de Julia et de Ragnheidur, mais la tournure presque mystique et à la limite de la science fiction que prend le roman, ainsi que le discours par rapport à la lecture « handicapante », m’a complètement refroidie. C’est tiré par les cheveux au possible, et si certains peuvent s’en émerveiller, cela m’a plutôt agacée.

Dommage, car le roman commençait très bien … Une petite déception donc, de ne pas avoir accroché jusqu’au bout …

« La lectrice disparue », Sigríður Hagalín Björnsdótti, trad. de l’islandais par Eric Boury, Gaia, 352 p., nov 2020

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