Coup de cœur·Littérature américaine

La femme intérieure, Helen Phillips

Molly participe à des fouilles dans une ancienne station-service. Elle déterre un jour des objets dont la nature perturbe sa conception de l’univers logique, comme cette Bible où Dieu est désigné par le pronom « elle ». Chez elle, Molly doit affronter une situation tout aussi perturbante : son mari a dû se rendre à l’étranger pour donner un concert, la laissant seule avec leurs deux enfants en bas âge. Mais voilà qu’un soir elle entend des bruits de pas dans le salon… Un intrus surgit alors dans sa vie, un intrus très particulier, puisqu’il s’agit… d’elle-même ! Une Molly identique, à une différence près : cette Molly-là a perdu ses deux enfants après un attentat sur son lieu de travail. Débordée par son rôle de mère, Molly se retrouve confrontée à une femme qui veut récupérer à tout prix ses enfants. Les deux Molly sont-elles les deux facettes d’une même femme au bord de l’effondrement, ou la trame de l’univers s’est-elle vraiment déchirée ? Deux mères presque semblables peuvent-elles cohabiter ?

Un roman que l’on pourrait qualifier de suspense, pour la tension qu’il véhicule tout le long de l’intrigue … Inquiétant à souhait, on tremble pour Molly/Moll et ses enfants. Mais pou moi, l’intérêt n’est pas là. C’est avant tout un livre extrême sur la maternité et l’ambivalence des sentiments que l’on peut avoir en tant que mère face à ses enfants. Molly est exténuée, esseulée, et perd patience face à ses deux « monstres » qui la bouffent et ne lui laissent aucun répit. Moll, les ayant perdus dans un attentat, n’est qu’amour, patience et dévouement. « Comment peux-tu ne pas réaliser ta chance, ta vie parfaite ? » crache-t-elle à Molly.

Molly qui est « D’un instant à l’autre exaspérée par eux et attendrie par eux, exaspérée/attendrie, exaspérée/attendrie ».

Plus qu’un livre à suspense, une uchronie, un monde post apocalyptique, c’est une réflexion sur la Mère, sur la vie d’une mère, extrêmement cash et cru, car Molly ne nous épargne aucun détail (parfois trivial) de sa vie enchaînée aux besoins de ses enfants.

La Fosse, fascinante, nous fait entrevoir un autre monde, où Dieu pourrait être une femme, mais à quel prix ?

J’ai adoré ce roman sombre, haletant et extrêmement orignal. Une réussite !

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